Chroniques coréennes

Bon, aujourd’hui je vais vous entretenir des Mystères de Seoul. On connaissait les Mystères de Paris (d’Eugène Sue, à ne confondre ni avec les Nouveaux Mystères de Paris, de Léo Malet; d’ailleurs, si vous ne les avez pas encore lu, c’est simple, je ne vous adresse plus la parole; ni avec la superbe œuvre du père Malet, disais-je, ni avec la nouvelle couillonade mercatiquo-scribouillade des Mystères parisiens, je cite et pouffe en même temps, série de romans pseudo-polichiés de Claude Izner, sombre pseudonyme couillu de deux sœurs qui manifestement aiment porter le slip kangourou. Moi, je me gausse, je porte des caleçons.).

Bon. Alors, les Mystères de Seoul, ma poule, c’est très simple. Rien de policier – ça, la maison Poulagas à la sauce piquante, ce sera pour une autre fois, et j’vous jure que j’ai de la copie – non, mais simplement une liste d’incongruités qui laisse bien souvent pantois et perplexe le résident étranger qui se donne la peine d’y prêter attention (et ne me parlez pas des expatriés qui après trois ans ne connaissent toujours que la route pour aller de la maison à l’école françoise, au bureau, et à l’hôtel 5 étoiles hébergeant son restau favori et son health clube, sinon je vais encore me faire un ulcère !).

Pièce à conviction n° 1 : Le “63 Building”

Monstruosité dorée tirant vers l’orange – ai-je déjà mentionné que la populace locale, à l’instar des pies, aime ce qui brille, et partira avec si ce n’est pas boulonné solide, voire les rivets recouverts de silicone1, le matériau de réparation construction le plus utilisé chez les Rafistole du bâtiment ? Non ? Voilà qui est fait ! – donc cette ignoble chose, siège d’une grande maison d’assurance, source inépuisable de courants d’air typhoniques – en été, saison des jupettes flottantes et volantes, c’est sympa – est censée être plus haute que la tour Montparnasse (d’un étage, d’un mètre ? Chi lo sa?). Moi qui ai fait semblant de faire des études prolongées à Jussieu, je me souviens de la tour centrale… La Tour Centrale, ça vous dit kekchose ? Nan ? Mais enfin, cette bitte d’amarrage de béton, verre et acier, plantée en plein milieu de ce campus rigolard, pourvoyeuse de scènes d’envol de jeunes filles légères (par le poids), les jours de pluie, que même Harry Dépoteur y fait pas mieux ? Toujours pas ? Anyway… Chacun sa vie étudiante et ses souvenirs, hein ?

Malheur au visiteur français qui révélera sa nationalité ! Il va en prendre pour son grade montparnassien. Œuf corse, l’effet est en général un peu gâché par le manque d’intérêt et de fierté nationale du quidam, qui n’y a sans doute jamais mis les pieds.

Adonques, ce monument de la connerie bâtimentesque, que même Haussmann et Eiffel auraient déshérité, s’ils avaient jamais eu l’idée de pondre collectivement une progéniture de ce calibre, il a donc 63 étages, chef, s’pas ?
Pô du tout. De quelque façon qu’on veuille compter les étages (y compris en numérotant le ras-de-chaussée2 “1″, bande de crétins), en excluant ou en incluant les sous-sols, il n’y en a pas 63. Si mes souvenirs sont bons, ça va entre 61 et 68. Balaize hein ?

Pièce à conviction n° 2 : Les ascenseurs

Ça, c’est un sujet qui me passionne. Il y a tellement de mystères associés aux ascenseurs… Voyons voir… Tenez, prenons l’exemple des ascenseurs dans les cages à lapins Courneuviennes qui poussent partout en Corée, et qui valent une fortune. Déjà ça, c’est un mystère, cet engouement pour les clapiers, mais passons. Ils ont tous un système anti-gaspi pour les ascenseurs, mais moi, celui qui me plaît le plus, c’est les demi-étages. Admettons que vous habitiez, pauvre con, dans un des ces clapiers, hauts de, disons, 14 étages, RdC compris. Les cages d’ascenseurs seront installées entre deux étages, pour 1) diminuer les frais de construction, et 2) pour diminuer les arrêts, et donc consommer moins. Y’a pas que chez eux qu’on fait ça, j’ai vu ça en France. Jusque-là, rien d’original. Bueno. Vous montez au 9ème, que faites-vous ? Moi, je monte au 9ème et demi, et laisse faire la gravité, redescendant sans effort un palier. Le Coréen moyen monte au 8ème et demi, et finit à pieds… Marrant, non ?

Mais ce n’est pas tout… Une autre mesure anti gaspi est cette pratique courante de partager les ascenseurs entre étages pairs et impairs. Sauf que bien sûr tous les ascenseurs font quand même le 1er étage, qui est en fait le RdC, je ne reviens pas là-dessus… Il devrait évident au moindre élève de 3eme, et a fortiori à des architectes et/ou promoteurs immobiliers, que cette mesure est en fait plus dépensière, puisque pour tout groupe de X personnes attendant l’ascenseur, et se rendant à des étages différents, il va falloir deux ascenseurs pour satisfaire la demande au lieu d’un. Mais non, mesure anti-gaspi, sisi…

Pièce à conviction n° 3 : les bouches d’égoût

Sujet passionnant s’il en est. Les promoteurs immobiliers, et les municipalités, dépensent une fortune à installer des bouches d’égoût pour l’écoulement des eaux de pluie. Il ne pleut pas souvent en Corée, statistiquement du moins, mais quand il pleut, c’est beaucoup et longtemps. Passez dans n’importe quelle lotissement de cages à lapins, ou tout autre ensemble d’habitations, et au lieu de lever le nez, baissez-le, et observez le sol : les bouches d’égoût sont bien souvent recouvertes d’un morceau de lino, de contreplaqué ou autre moyen de fortune. Comme on dit en Singapourien Like that how can? Et surtout, pourquoi se casser le nœud à continuer de construire des bouches d’égoût si c’est pour que les résidents les sabotent aussitôt construites ?

Pièce à conviction n° 4 : le facteur est passé…

sans commentaires

Pièce à conviction n° 5 : le fameux scotch vert…

comme la pub pour super glu 3, cette photo a été réalisée sans trucage

Pièce à conviction n° 6 : bleu ou vert ?

La photo ci-dessus était intitulée, dans le site coréen où je l’ai trouvé, “blue tape”. Déjà qu’en conduite ils sont pas top, mais en plus, ils appellent le feu vert le feu bleu, le feu orange le feu jaune (nonon, le feu rouge reste de cette couleur…).

Pièce à conviction n° 7 : le prix des billets avions

En Corée, un billet d’avion pour Cheju-do (la “Corse” coréenne) coûte 80,000 wons aller simple. Vingt 747 par jour rien que chez KAL, autant je suppose chez Asianananana. Un aller pour Yŏsu, 2 vols par jour, la moitié… Moi pas compris là.

Pièce à conviction n° 8 : les chaussures

Tout résidant étranger en Corée aura remarqué, à moins d’être un banquier ou un diplomate décérébré, que les Coréens maltraitent souvent leurs chaussures, repliant la partie derrière le tendon d’Achille vers l’intérieur, et les enfilant ainsi. C’est prodigieusement inconfortable (vous avez une sorte de renflement sous le talon), et ça vous défonce les pompes vite fait. Pourquoi ne pas porter des sabots à la place..?

Pièce à conviction n° 8 : femelles guerroyeuses

female soldiers going to Irak made up like they're going to entertain men at a room salon

Testigna ? Maquillées comme si elles allaient bosser au room-salon… Rouge à lèvres, fond de teint, et puis quoi plus ? Du parfum ? Vont bander sec les soldats…


1 Le lecteur attentif et astucieux remarquera que dans confondre, incongruités, conviction et silicon(e), il y a con, ce qui n’est sans doute pas un hasard.

2 D’ailleurs, les Roumains, pour une fois, ne se sont pas plantés : RdC se dit “parter”. Sisi, dans le texte, avec les fautes d’orthographe…. D’ailleurs, la lecture d’un lexique Românește-Français nous rapproche étonnemment de textes d’illétrés et handicapés du clavier, vaguement francophones, que l’on appelle parfois les Internautes, et parfois “les jeunes”. Et après cela, on dira que la Roumanie est arriérée… Mais non, juste en avance sur leur temps.

2 Responses to “Chroniques coréennes”

  1. Damien B Says:

    C’etait pour cet article la qu’il fallait mettre le 4 etoiles du hReview :-)

  2. dda Says:

    Ben tu peux toujours écrire une hReview de ce post… :-P

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